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Une consultation profondément biaisée

La consultation sur le devenir du pont du 8 mai est-elle vraiment démocratique ?

La présentation qui est faite de cette consultation dans le N° de juin du Sévrien, ainsi que dans le courrier adressé aux électeurs est extrêmement partiale, biaisée et même mensongère.

Partiale, biaisée, est-il besoin de l’expliquer ? Tout dans ces documents officiels nous incite clairement à voter pour le choix A.

La présentation qui est faite de cette consultation dans le N° de juin du Sévrien, ainsi que dans le courrier adressé aux électeurs est extrêmement partiale, biaisée et même mensongère.

Partiale, biaisée, ai-je besoin de l’expliquer ? Tout dans ces documents officiels nous incite clairement à voter pour le choix A.

Prenons l’exemple du Sévrien de juin 2026, et faut-il rappeler que le maire en est le directeur de publication.

Le texte d’introduction du dossier, page 8, ne parle pas de choisir entre la destruction ou le maintien du pont du 8 mai 45 mais je cite « le remplacement du pont par une passerelle dédiée aux mobilités douces, reliant les deux rives dans un cadre plus apaisé, plus accessible, et mieux adapté aux usages d’aujourd’hui mais également de demain ».

Dès la 1ère page la messe est dite, le choix A est le choix d’avenir !!!

Dans la page suivante, on nous parle de la fluidification de la circulation, comme si c’était une conséquence directe de la destruction du pont ! Et c’est clairement suggéré en conclusion. Je cite  : « La création d’une voie supplémentaire sur l’avenue de l’Europe et sur la Grande Rue, en même temps que la suppression de l’usage automobile du pont, améliore la fluidité de la circulation automobile actuelle. »

Les bras m’en tombent ! La disparition du pont fluidifie la circulation ?!?

Non, bien sûr, ce qui va fluidifier la circulation, c’est la création d’une nouvelle voie d’accès au rond-point de la mairie. Et on peut très bien créer ces nouvelles voies et maintenir le pont, la circulation n’en sera que meilleure.

La 3ème page du dossier est entièrement consacrée à promouvoir le choix A. On y vante les mérites d’une passerelle piéton. Elle serait source de tous les bienfaits :

  • « 100% dédiée aux piétons et vélos, sure et accessible à tous. » Si c’est l’objectif, là-encore il suffit de piétonniser le pont. 3 fois plus large que la passerelle envisagée, il n’en sera que plus agréable et apaisé !
  • « Continuité des itinéraire cyclables entre les deux rives ». Même remarque
  • « Un marché plus grand, plus visible, libéré de la contrainte de l’ouvrage ». Là rien à dire il peut être plus grand, mais est-ce vraiment une si bonne idée, cet énorme immeuble en entrée de ville.
  • « Des perspectives retrouvées sur le patrimoine, notamment l’église Saint Romain ». Là, la partialité frise le mensonge, et clairement la mauvaise foi. Comment peut-on prétendre qu’un immeuble élevé sur 2 niveaux qui occuperait tout l’espace de l’ancienne station BP permettrait une meilleure vue sur l’Eglise Saint Romain ?
  • « Un nouveau repère urbain, sans surcoût pour la ville ». C’est faux. Il y a un surcoût et il sera supporté par la ville. C’est écrit au bas de la page 11. Il sera financé, je cite « grâce à la vente des locaux du centre administratif ». Ces locaux, l’ancienne Poste et la CPAM, ont été acquis par la ville en 2020 pour près de 1,5 M€. Dans le meilleur des cas, la passerelle ne coutera pas plus , mais ce coût n’est pas indiqué dans les documents de la consultation (*)

La dernière page du dossier compare enfin les 2 projets. Sur un dossier de 4 pages le choix B n’est donc abordé que sur un tiers de page. On pourra constater que dans ce comparatif, tous les arguments listés sur le choix A sont positifs et tous les arguments listés sur le choix B sont négatifs.

Dernier point : dans tous les documents le choix A est illustré par une image, non contractuelle, dont les bureaux d’étude et cabinet d’urbanisme ont le secret : on y voit une passerelle discrète accolée à un bâtiment lumineux en verre censé représenter le futur marché, par une belle journée printanière et dans une ambiance que l’on sent conviviale et même heureuse.

Pour le choix B il faut se contenter d’une photo lugubre du pont. Ce n’est même pas une photo actuelle. Elle a été prise il y a quelques mois après la destruction de la station d’essence mais avant la mise en place d’une palissade en bois qui améliore légèrement l’esthétique. Mais surtout, en toute logique, si les votes tranchent en faveur de l’option B, il y devrait y avoir également un marché d’une taille réduite à la place de l’ancienne station d’essence. Pourquoi ne pas l’avoir représenté ?

Enfin, une information importante a été volontairement éludée de ce dossier, pourtant essentielle pour se prononcer : le coût financier, la durée des travaux et les nuisances associées à chaque option.
Le choix A, c’est au minimum 5 à 6 M€ d’argent public, des mois de travaux supplémentaires et des nuisances considérables du fait de la destruction du pont et de la reconstruction d’une passerelle. C’est un bilan environnemental catastrophique : la destruction du pont va générer plus de 2000 tonnes de gravats qu’il faudra évacuer et traiter. La fabrication d’une nouvelle passerelle est consommatrice de ressources et émettrice de CO2.

En conclusion, au-delà des belles promesses, une réalité demeure : le pont du 8 mai 1945 fonctionne. Il relie efficacement les deux rives du centre-ville et ne présente aujourd’hui aucun problème majeur justifiant sa destruction. Détruire un pont utile, engager des dépenses importantes, générer des mois de travaux supplémentaires et consommer des ressources considérables pour des bénéfices largement hypothétiques n’apparaît ni comme une nécessité ni comme une priorité pour Sèvres. Le choix B est celui du bon sens : préserver ce qui fonctionne, améliorer ce qui peut l’être et concentrer les moyens de la ville sur les véritables besoins des Sévriens.

(*) Lors du conseil municipal du 25 mai 2026 nous avons interrogé le maire sur le coût de cette passerelle. Quelle ne fût pas notre surprise d’obtenir une réponse, et quelle réponse : 2,5 M€ ! Qui se rajoutent aux 18,4 M€ financés par la ville et qui mettent le cout de la destruction du pont à 6 M€ d’argent public ! Mais surtout prétendre qu’il n’y a pas de surcoût pour la ville est un mensonge flagrant !

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